• Le vendeur et les écoliers

    Rentrée des classes

    Une pensée pour ceux qui, dans ce monde, aimerait bien

    aller en classe mais ne le peuvent pas ! 

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    Écrit en Octobre 2007

    Sous un ciel gris souffle un vent très fort, conséquence d’un typhon qui perturbe le Vietnam en provoquant d’importantes inondations.   

    Peu de touristes (farang) sur la plage. Malgré cela, les vendeurs sont bien là et deviennent parfois un peu envahissants, chiffre d’affaires oblige, car pour manger, il faut de l’argent et la plupart d’entre eux vivent au jour le jour avec la marge réalisée dans la journée.   

     

    Un garçon d’environ 14/15 ans vend des nappes et des dessus de lit. Son stock est suspendu à son épaule dans un grand sac plastique qui semble bien lourd pour sa silhouette. Il déplie maintes et maintes fois une pièce devant le farang en demandant, avec un immense sourire: 

    -        You want ? (– tu veux ? ).   

    Les réponses négatives se succèdent, le sourire reste, il n’est pas trop insistant et continue son chemin. 

     

    Plusieurs fois dans la journée, il est passé et repassé avec la même nappe. Malgré ses affaires peu florissantes, le sourire est toujours présent, en remerciant chacun malgré les refus. Vers 16 heures notre petit vendeur marche encore et encore.   

     

    Arrive alors, le long de la mer, un groupe d’écoliers à peu près du même âge que notre vendeur ambulant. 

    Les écoliers se remarquent de loin. Ils sont six : quatre garçons et deux filles, habillés d'un  short bleu, chemise et chaussettes blanches pour les garçons et d'une jupe bleue, chemisier et chaussettes blanches pour les filles. Tous sont équipés de chaussures noires. Ils rient, s’apostrophent, chantent et avancent gaiement. 

     

    Presque en  face de moi, leur groupe croise le vendeur qui s’est arrêté.   

     

    Je regarde le groupe ! 

    Je regarde le petit vendeur !   

     

    Son sourire a disparu, son regard est devenu triste et sombre. Un moment, il se retourne après le passage des écoliers, les suit longtemps du regard, et, je crois voir (chose très rare en Asie) ses yeux brillants, une larme peut-être, en tous cas, une bien grande tristesse !   

     

    Bien sûr, je n’ai pas de mal à comprendre. Voici deux genres de vie totalement opposée et deux sociétés qui se sont croisées.

     

    En effet, l’école secondaire, ici en Thaïlande, est payante. Et même si ce n’est pas excessivement cher, il faut à la famille un minimum de revenu pour y maintenir les enfants.   

    Ce regard m’a fortement ému et s’est gravé dans ma mémoire ! 

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    J'ai publié ce texte en octobre 2008 sur mon ancien blog.

    L'émotion est toujours présente en vous le proposant aujourd'hui.

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    Michel.

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  • Commentaires

    1
    JPSIAM
    Mardi 1er Septembre 2015 à 01:45

    L ecole, pour les Thai des provinces est une etape de la vie comme etre moine, au moins une fois dans sa vie pendant quelques jours.Ce n est pas une fin en soi! D autre-part, entretenir le peuple dans l ignorance permet a un certain nombre de courtisans de vivre confortablement. Ce n est pas une utopie mais la pure et dure realite des choses et il y a peu de chances que cela change, malgre internet et les iphones. Les Thailandais sont contents de leur sort car dans leur esprit il y a Bouddha, le Roi et eux. Leur maniere de pensee dans la vie de tous les jours n est pas cartesienne comme nous et c est ce qui fait la difference des civilisations et des peuples. Nous devons les respecter et les aimer comme ils sont!.....

    2
    JPSIAM
    Mardi 1er Septembre 2015 à 04:17

    Pour info, selon les statistiques gouvernementales Thailandaise 60% des enfants ont un QI  de 50% inferieur a la moyenne. Cela leur pose la question comment ameliorer le QI. Je ne pense pas qu ils aient une reponse dans ce sens. Tel est la Thailande pays de contraste et de demesure, mais ou il fait bon vivre!

    3
    JPSIAM
    Mardi 1er Septembre 2015 à 04:28

    Je voudrais profiter de cette tribune pour rendre hommage a notre Michel, qui avec discretion et pudeur a beaucoup oeuvre pour le Centre Social Camillien de Rayong. Merci pour ces enfants et leurs parents.Michel tu es un Saint homme.

    4
    Mardi 1er Septembre 2015 à 07:53

    Merci Michel pour ce bel article. Je ressens toute l'humanité dont tu fais preuve, le commentaire de JPSIAM nous le confirme!

    Ce qui me chagrine, c'est qu'aujourd'hui, peu de nos écoliers vont se rendre compte de la chance qu'ils ont d'aller à l'école....

    Bises du jour de Mireille du Sablon

    5
    Mardi 1er Septembre 2015 à 10:00

    Je suis d'accord avec toi pour l'avoir constater, mais ces enfants travailleurs ont toujours le sourire, même dans le refus de leur acheter quelque chose. 

    JPsiam a raison c'est un très beau pays et c'est dommage que certains pays le dégradent avec leur débauche.

    Bisous de normandie 

    6
    Mardi 1er Septembre 2015 à 11:27

    Je comprends fort bien ton émotion !
    Et elle se transmet très bien aussi, car me voici ému...
    Ton texte est superbe, et retranscrit bien ce que tu as vu et ressenti.
    Merci pour cette pensée envers les plus démunis.
    Je suis très sensible, et j'ai souvent la larme à l'oeil quand je vois des choses de ce genre...
    Bonne journée Michel

    7
    Jean-Marc
    Samedi 5 Septembre 2015 à 17:37

    Merci, cher Michel, pour ce très beau texte écrit avec ton coeur et toute ta sensibilité. Deux mondes se sont ce jour-là croisés sous tes yeux, sans égards de l'un pour l'autre et sans haine de l'autre pour l'un. Je suis sûr que le petit vendeur n'a pas, lui, de problème de QI, car ses yeux embués t'ont révélé qu'il avait, d'un regard, compris toute l'injustice du monde. Je m'associe bien sûr au commentaire 3 de JPSIAM, à la réserve près que je supprimerais volontiers l'adjectif "saint", pour dire de toi que tu es un Homme qui fait honneur à la condition Humaine: c'est déjà tellement beau et noble.

    Je te souhaite une Auvergne aussi sereine que possible!

     

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