• Dans les transports en commun.

     

    Dans les Transports en commun

    Dans ce RER C, je suis assis à l’étage supérieur. Une fort belle femme, (certainement d’un pays de l’est, mais je suis incapable de lui donner une nationalité) dépose devant chaque passager, sur le siège en face, un petit papier imprimé :

    « J’ai trois petits enfants, j’ai pas abris, pouvez vous m’aidez à trouver du travail ou me donner un peu argent ou un ticket restaurant - Que Dieu vous protège. Merci et bonne journée ».

    Elle descend ensuite à l’étage inférieur et revient en reprenant son papier avec (éventuellement) quelques argents.  Je suis toujours très mal à l’aise avec cette façon de procéder, et si parfois je donne un peu de monnaie, il est impossible de répondre à chaque appel, tant il y en a, le long des divers trajets dans les transports en commun parisien. Aujourd’hui, lâchement, je détourne les yeux et ne donne rien ! Ce n’est pas bien !

    2 - Le RER arrive à la station "Bibliothèque François Mitterrand", je change pour rejoindre la ligne 14, entièrement automatisée, il n’y a aucun conducteur, c’est un train téléguidé depuis un central. C’est génial pour traverser une grande partie de Paris, du 13ème arrondissement à la gare Saint-Lazare.

    A Bercy, deux stations plus loin, nouveau changement en direction de Nation. Installé au fond,  sur un strapontin (j’adore cette place car je vois tout le wagon, et, bien souvent, je « me fais un film » en observant les passagers). Un jeune homme arrive sur le quai portant fièrement un paquet. Il entre en face de moi. Son paquet est une unité centrale d’ordinateur. Très sale, elle semble en piteux état, et pourtant il la regarde comme si c’était un bien précieux. Bizarre, bizarre, j’observe un peu plus.

    Une fois le métro en route, une femme remonte le wagon et rejoint cet homme.

    Lui  - environ 25 ans, beau visage, casquette, jean troué aux genoux. C’est « fashion » !  

    Elle - à peu près le même âge, l’air sévère, lunettes mangeant une grande partie du visage, lèvres pincées. Oh là, me dis-je, en voilà une qui n’est pas contente ! En effet, elle interpelle le jeune homme :

    • - Alors tu trouves un canapé sur le trottoir, tu l’emportes aussi ?
    • - Ça dépend, peut-être.
    • - T’es malade ou quoi de prendre cet ordi ?
    • - Ben, y marche peut-être ! faut voir !
    • - Moi je ne veux pas voir cette saloperie chez moi
    • - Mais je vais le nettoyer.
    • - Pas chez moi ... dans le garage.

    Le garçon a l’air de se moquer comme de sa première chemise des réflexions de madame. Et ce n’est pas terminé car elle revient à la charge :

    -        Tu ne vois pas que tu gênes, comment ils font les gens pour s’asseoir ?

    L’homme essaie de baisser le strapontin qui coince à cause de la hauteur de l’ordinateur et ne dit mot.

    -        Tu vois bien, lui lance madame, agressive et excédée.

    Lui, toujours aucun mot, un sourire alors qu’il s’aperçoit que je les observe. Je souris légèrement et détourne les yeux un moment. J’arrive à Nation, encore un changement. Je descends, laissant le couple à son problème.  La soirée chez eux, risque d’être un peu « coincée » !

    3 - Sur la ligne suivante, peu de monde dans le métro. Je suis assis à côté d’une porte. En face de moi, une femme est assise, un livre à la main. Je la détaille : bien en chair, forte poitrine, assise jambes largement écartées, une robe à fleurs qui remonte au dessus des genoux. Le spectacle n’est pas du meilleur effet. Nos yeux se croisent. Aïe, Je change la portée de mon regard, mais quelques instants plus tard, mon regard revient encore vers cette femme, peu banale, qui maintenant me regarde tout en faisant semblant de lire. Cela dure un long moment. Pourquoi est ce que je ne change pas de place ? Je n’en sais rien ! 

    Un peu avant d’arriver à Voltaire, la femme se lève, tortille un peu de l’arrière train, se place à un mètre de moi, glisse son sac à l’avant bras en se tenant à la barre centrale du wagon De l’autre main, elle remonte légèrement sa robe, découvrant encore une fois un genou puis un début de cuisse, ce que je ne trouve pas trop ..« esthétique », et me décoche un clin d’œil accompagné d’un large sourire. Je vous laisse imaginer la tête que je fais, à ce moment là. J’essaie de n’en rien montrer, me force bêtement à un petit sourire forcé, par … politesse ou peut-être par gêne, et me lève immédiatement en lui tournant ostensiblement le dos. Elle est accrochée à la barre, là, juste derrière moi, je « sens »  son regard dans mon dos……

    J’ai envie de rire, en m’imaginant qu’audacieuse comme elle est, si nous n’arrivons pas rapidement, je pourrais bien me retrouver avec une main aux fesses !  Mais je suis sauvé par l’arrivée à la station Voltaire. Je quitte précipitamment le métro sans me retourner. Je ne veux pas savoir si elle descend, ni où elle va car ce n’est pas avec moi ! D’un pas rapide, je grimpe les escaliers vers la sortie.

    Comme quoi, même les cheveux blancs, plaisent également, non ?

     

     C'était en 2008, déjà publié sur mon ancien blog

    www.bonnefoy-michel.com

    « Stand by meLes singes de la sagesse »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Lundi 14 Mars 2016 à 01:06

    les cheveux blancs un homme ...pour ce genre de femme ça ne les derange pas ...

    j'aime pas trop ce genre de femmes archi provoquantes ...faut pas s'etonner si elle se fait agresser pfff

    il s'en passe de choses dans le métro !!!... le couple qui s'engueule !!! moi j'ai eu 'le meme' au téléphone !! comme m'a dit un mec dans le bus, 'au moins elle a de l'energie !!..' ouaif mais tout le monde a profité de ses mots qui étaient d'une vulgarité et d'une agressivité qui te faisaient dire 'ne dis rien ça vaut mieux pour toi ...' car je pense qu'elle aurait envoyer ch.. celui ou celle qui lui aurait demandé de baisser d'un ton ............

     

      • Lundi 14 Mars 2016 à 02:42

        Oui, il s'en passe des choses dans le métro, pour peu que l'on observe. C'est parfois drôle, parfois moins, parfois insupportable...

        C'est aussi vrai partout où il y a foule...

        Excellente journée pour toi. Merci pour ta visite.

    2
    Lundi 14 Mars 2016 à 07:24

    ...scènes de vie que tu as bien "rapporté"...il s'en passe des choses dans les transports en commun pour peu que l'on soit attentif...

    Bises du jour de Mireille du Sablon

    ...avant, quand une personne parlait "toute seule", on s'en étonnait...maintenant, il faut cherché...le fil relié à l'oreille!

      • Lundi 14 Mars 2016 à 08:31

        Oh oui, combien de fois ai-je été surpris par une personne semblant un peu "agitée" pour finalement me rendre compte que le fil était bien planqué.

        On s'habitue et bientôt on ne répondra même plus à une sollicitation, croyant que cela ne nous concerne pas !

        Bises Mireille

    3
    Lundi 14 Mars 2016 à 08:27

    "Les voyages forment la jeunesse" 

      • Lundi 14 Mars 2016 à 08:32

        A quand les métros pour la Thaïlande ou la Tunisie ?.....

    4
    Lundi 14 Mars 2016 à 08:32

    des scène de vie banales dirons nous, je peux aussi t'en raconter une ?

    il y quelques années de cela ma fille habitait Paris et nous lui rendons visite régulièrement nous arrivons le dimanche matin à st Lazare et reprenons le train le soir même, 2 dimanches de suite une personne monte dans le wagon et nous tiens le même discours, il faisait l’aumône pour disait-il avoir de quoi se payer à manger et une chambre a l'hôtel pour pouvoir se laver et avoir une tenue décente pour ce rendre le lendemain a un entretien d'embauche, je suppose qu'il n'a pas eu le poste puisque le dimanche soir d'après on avait le même discours. 

    bonne semaine

    lyly

      • Lundi 14 Mars 2016 à 08:38

        C'est de plus en plus souvent et cela me met mal à l'aise. Parfois, je donne une pièce, mais devant le nombre (y compris sur le même trajet), Il n'est pas possible de donner à chaque sollicitation.

        Cela n'est pas simple !.

        Merci pour votre commentaire Lyly.

    5
    LIBELLULE (43)°
    Lundi 14 Mars 2016 à 10:27

    Dans une autre vie, dans un des pays étrangers  il m'ai arrivé

    de m'installer au fond de bus je crois que j'observai  .

    Si j'avais de la mémoire j'aurai pu détailler

    Ces écris en sont la preuve

    EH OUI   MICHEL                  GHISLAINE BASTIDEsarcastic

      • Lundi 14 Mars 2016 à 20:17

        Quel dommage ! Au fil de vos séjours, vous avez du en observer des situations intéressantes, curieuses, surprenantes.

        Bonne soirée Ghislaine.

        Michel

    6
    Lundi 14 Mars 2016 à 10:41

    C'est vraiment un tranche de vie magnifique, des personnages de film. A la place du jeune, je lui aurai fichu la tour dans la figure à cette mal élevée, quand même on attend d'être chez soi pour faire une scène. Et cette femme sans pudeur, le monde tourne a l'envers.

    Un homme aux cheveux blancs séduit tout le temps (mon mari a les cheveux tout blancs et des jeunes femmes lui font des sourires sans vergogne. C'est pas normal, nous il faut tout le temps les camoufler nos cheveux blancs,.... c'est pô juste

    Bisous sous le soleil de Normandie

      • Lundi 14 Mars 2016 à 20:19

        Merci pour ton commentaire...

        Très bonne soirée - Bises Anika.

         

    7
    Lundi 14 Mars 2016 à 11:32

    Je te l'ai déjà dit : je me régale à te lire !!!
    Tu devrais faire un livre avec tous tes petits textes...
    Merci Michel

      • Lundi 14 Mars 2016 à 20:21

        Je vais songer à ton idée...en regroupant déjà tous ces textes..

        On ne sait jamais, pourquoi pas !

        Merci pour ton commentaire Didier.

        Bonne soirée.

        Michel

    8
    Mardi 15 Mars 2016 à 13:08

    Bonjour Michel,

    Dans les transports on n'en voit des choses. Je faisais pareil lorsque j'étais en bus ou en train. J'écoutais et observais. Il faut dire qu'il faut bien se passer le temps et que c'est bien la seule façon de le faire. Le plus que je me souviens c'est la conversation de deux p'tites grands-mères  qui avaient bien entre 70, 75 ans assisses juste devant moi, parler que si un beau garçon les abordait... Une était sérieuse et aurait dit non mais la seconde était une mamie coquine. De tout ce que j'ai vu et entendu, c'est elles qui tiennent la première place.

    La fin de votre histoire ne m'a pas fait sourire mais rire car je vous imagine en train d'accéléré le pas afin de fuir cette femme. J'aime beaucoup vous lire car les scènes se déroulent dans ma tête et j'ai l'impression d'avoir les personnages devant moi. C'est très agréable.

    Très bon après-midi à vous.

      • Mardi 15 Mars 2016 à 14:15

        Merci Mari jo pour votre commentaire et expérience du métro parisien...

        A mon tour, j'imaginais la grand mère "coquine"....  yes

        Très bonne journée à vous aussi !

        Michel

         

    9
    Dimanche 18 Septembre 2016 à 09:34

    Ces pages de vie sont très drôles ! L'histoire de la "moche" aguicheuse m'a bien fait rire...

    10
    Dimanche 18 Septembre 2016 à 19:07

    Merci pour votre visite et votre commentaire.

    Bonne soirée.

    Michel

    www.bonnefoy-michel.com

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :